Burn-out parental : quand être avec ses enfants ne procure plus de plaisir
Tu lui prépares ses repas préférés.
Tu l’emmènes au parc, à ses activités, chez ses copains.
Tu organises. Tu anticipes. Tu gères.
De l’extérieur, tout le monde voit une maman investie, présente, qui fait tout ce qu’il faut.
Mais toi, tu sais.
Tu sais que tu fais beaucoup de choses en automatique.
Que tu traverses parfois les moments sans vraiment les vivre.
Et surtout, que ce qui te faisait plaisir avant ne te procure plus les mêmes émotions.
Un câlin le matin.
Un fou rire partagé.
Une soirée à faire des gâteaux ensemble.
Une histoire au moment du coucher.
Tu continues à être là.
Mais intérieurement, quelque chose s’est éteint.
« J’aime mes enfants, mais je ne prends plus plaisir à être avec eux »
C’est une phrase particulièrement difficile à penser. Et encore plus difficile à dire.
Parce qu’immédiatement arrive la culpabilité :
« Qu’est-ce que ça dit de moi ? »
« Est-ce que ça veut dire que je n’aime plus mes enfants ? »
« Une bonne mère devrait profiter de ces moments… »
Alors tu continues.
Tu souris.
Tu organises les sorties.
Tu fais ce qu’il faut.
Et tu gardes pour toi ce sentiment étrange de ne plus vraiment ressentir le plaisir que tu ressentais auparavant dans ton rôle de parent.
La perte de plaisir peut être un signe de burn-out parental
Le burn-out parental va bien au-delà d’une simple fatigue.
Il correspond à un épuisement important lié au rôle de parent et peut notamment s’accompagner d’une saturation et d’une perte de plaisir dans la parentalité.
On continue à s’occuper de ses enfants.
On assure l’essentiel.
Mais chaque demande devient un effort.
Les moments partagés apportent moins de satisfaction.
On peut avoir envie d’être seul beaucoup plus souvent.
Et parfois, on ne se reconnaît plus :
« Avant, j’adorais faire ça avec eux. Pourquoi est-ce que je ne ressens plus rien aujourd’hui ? »
Quand on fonctionne en mode automatique
Lorsque l’épuisement s’installe, une grande partie de l’énergie disponible sert simplement à continuer à fonctionner.
Faire les courses.
Préparer les repas.
Gérer les rendez-vous.
Travailler.
Répondre aux demandes.
Régler les conflits.
Penser à demain.
Et recommencer.
Il reste alors parfois très peu de disponibilité pour profiter réellement de ce que l’on est en train de vivre.
On est physiquement présent.
Mais mentalement et émotionnellement, on est épuisé.
La culpabilité peut encore alourdir l’épuisement
À la fatigue vient souvent s’ajouter une deuxième souffrance :
la culpabilité de ne plus être le parent que l’on était ou celui que l’on voudrait être.
Tu voudrais avoir davantage de patience.
Jouer avec eux avec plaisir.
Écouter leurs histoires sans penser à tout ce qu’il reste à faire.
Profiter davantage.
Et plus tu constates l’écart entre le parent que tu voudrais être et celui que tu arrives actuellement à être, plus tu peux te juger.
Pourtant, cette culpabilité ne redonne pas d’énergie.
Elle ajoute simplement une charge supplémentaire à quelqu’un qui en porte déjà beaucoup.
Burn-out parental ou dépression ?
Certains symptômes peuvent se ressembler, notamment la fatigue et la perte de plaisir.
Dans le burn-out parental, l’épuisement est spécifiquement lié au rôle de parent.
Dans une dépression, la perte d’intérêt ou de plaisir peut concerner beaucoup plus largement différentes dimensions de la vie.
Les deux situations peuvent également coexister.
C’est pourquoi une perte de plaisir importante ou persistante mérite d’être prise au sérieux et discutée avec un médecin ou un professionnel de santé, particulièrement lorsqu’elle dépasse la sphère parentale ou s’accompagne d’autres symptômes.
Faire le point sur son épuisement parental
Lorsqu’on est plongé dans le quotidien, il peut être difficile de mesurer à quel point on est épuisé.
Un questionnaire développé dans le cadre des recherches scientifiques sur le burn-out parental peut permettre de faire un premier point sur ce que tu traverses.
Il ne constitue pas un diagnostic.
Il permet simplement de prendre un instant pour regarder comment toi, tu vas dans ton rôle de parent.
Pas les enfants.
Pas l’organisation familiale.
Toi.
Retrouver progressivement de la disponibilité émotionnelle
Sortir de l’épuisement parental ne consiste pas simplement à se forcer à « profiter davantage ».
Lorsque les ressources sont épuisées, ajouter une nouvelle injonction ne sert à rien.
Il faut comprendre ce qui te vide autant.
Une charge mentale permanente ?
Un stress important ?
Des difficultés avec ton enfant ?
Une séparation ?
Un manque de soutien ?
Des émotions qui débordent constamment ?
Une histoire personnelle qui se réactive dans ta parentalité ?
Lorsque certaines situations avec ton enfant viennent toucher quelque chose de particulièrement sensible chez toi, elles peuvent demander énormément d’énergie émotionnelle.
C’est aussi ce que je travaille dans mes accompagnements parentaux, avec la kinésiologie et la Transformation Profonde des Émotions lorsque cela est pertinent.
L’objectif est de retrouver progressivement davantage de calme, de recul et de disponibilité émotionnelle.
Pour ne plus seulement assurer.
Mais retrouver aussi, petit à petit, la possibilité d’être réellement présent dans les moments que tu partages avec tes enfants.