Burn-out parental : quand on se sent distant de son enfant
Il est là, devant toi.
Il joue. Il parle. Il rit.
Et toi, tu le regardes.
Tu es présente physiquement, mais tu as parfois l’impression d’être ailleurs, comme derrière une vitre.
Tu entends ce qu’il te raconte sans vraiment l’écouter. Tu réponds presque automatiquement. Tu fais ce qu’il faut, mais tu ne te sens plus vraiment connectée à ce qui se passe.
Et cette sensation peut être particulièrement difficile à vivre.
Parce que tu l’aimes.
Tu le sais.
Alors pourquoi as-tu parfois l’impression de ne plus réussir à ressentir cette proximité avec lui ?
« J’aime mon enfant mais je me sens distante »
On parle beaucoup de la fatigue liée à la parentalité.
Des nuits trop courtes.
De la charge mentale.
Du manque de temps.
On parle beaucoup moins de cette distance émotionnelle qui peut progressivement apparaître lorsque le parent est profondément épuisé.
Tu continues à préparer les repas.
À accompagner ton enfant à l’école.
À gérer les rendez-vous.
À répondre à ses besoins.
Mais tu fonctionnes de plus en plus en automatique.
Les échanges deviennent parfois essentiellement pratiques :
« Habille-toi. »
« Dépêche-toi. »
« Tu as fait tes devoirs ? »
« Va te brosser les dents. »
Tu assures ton rôle.
Mais tu as l’impression d’avoir perdu une partie de la connexion que tu avais avec ton enfant.
La distanciation émotionnelle fait partie du burn-out parental
Le burn-out parental correspond à un épuisement intense lié au rôle de parent.
Parmi ses caractéristiques, les recherches décrivent notamment une distanciation émotionnelle vis-à-vis de ses enfants.
Le parent épuisé peut progressivement avoir moins d’énergie disponible pour s’investir émotionnellement dans la relation.
Il continue généralement à assurer ce qui doit être fait.
Mais il peut avoir moins de disponibilité pour jouer, écouter, partager, s’enthousiasmer ou simplement être présent émotionnellement.
Cette distance peut alors devenir une manière de fonctionner lorsque les ressources sont profondément diminuées.
Pourquoi cette distance fait-elle autant culpabiliser ?
Parce qu’elle touche directement à l’image que nous avons de nous-mêmes en tant que parent.
Tu peux te demander :
« Qu’est-ce qui m’arrive ? »
« Pourquoi je n’ai plus envie de jouer avec lui ? »
« Pourquoi ses histoires m’agacent alors qu’avant j’adorais l’écouter ? »
« Est-ce que je suis devenue une mauvaise mère ? »
Et cette culpabilité vient encore alourdir ce que tu traverses.
Pourtant, se sentir émotionnellement distant de son enfant dans une période d’épuisement ne permet pas de mesurer l’amour que l’on éprouve pour lui.
Cela indique surtout qu’il est temps de regarder sérieusement ton propre état.
Quand chaque sollicitation devient trop lourde
« Maman ! »
Encore une demande.
Encore une question.
Encore quelque chose à faire.
Lorsque tu disposes de suffisamment de ressources, ces sollicitations font simplement partie du quotidien.
Lorsque tu es épuisée, chacune peut devenir une charge supplémentaire.
Tu peux avoir envie que personne ne te parle.
Que personne ne te touche.
Que personne n’ait besoin de toi pendant quelques heures.
Cette sensation peut être très déroutante lorsque l’on a toujours été un parent disponible et investi.
Mais elle peut aussi signaler que tu n’as plus suffisamment de ressources pour continuer au même rythme.
Distance émotionnelle et perte de plaisir : quelle différence ?
Les deux peuvent être présentes dans le burn-out parental, mais elles ne sont pas exactement identiques.
La perte de plaisir correspond davantage au fait de ne plus ressentir la satisfaction ou la joie que l’on éprouvait auparavant dans son rôle de parent.
La distanciation émotionnelle concerne davantage le lien : fonctionner en automatique, limiter son investissement émotionnel, avoir moins envie d’échanger ou se sentir intérieurement éloigné de son enfant.
Les deux peuvent évidemment se rejoindre.
Cette distance mérite d’être entendue
Faire semblant que tout va bien demande encore de l’énergie.
Et se forcer constamment à être disponible alors que l’on est déjà profondément épuisé ne règle pas ce qui se passe.
La première étape peut simplement être de reconnaître :
« En ce moment, je ne vais pas bien dans mon rôle de parent. »
Sans jugement.
Pour comprendre ensuite ce qui t’a amenée jusqu’ici.
Charge mentale.
Manque de soutien.
Stress permanent.
Difficultés avec un enfant.
Conflits familiaux.
Séparation.
Événement difficile.
Épuisement professionnel qui s’ajoute à l’épuisement familial.
Ou parfois plusieurs choses accumulées depuis longtemps.
Faire le point sur un possible burn-out parental
Si tu te reconnais dans cette distance émotionnelle, un questionnaire développé dans le cadre des recherches scientifiques sur le burn-out parental peut permettre de faire un premier point.
Il ne remplace pas l’évaluation d’un professionnel de santé et ne constitue pas un diagnostic.
Mais il peut permettre de mettre des mots sur ce que tu vis et surtout de reconnaître que ton épuisement mérite d’être pris en compte.
Retrouver progressivement le lien
Lorsque l’épuisement diminue et que le parent retrouve davantage de ressources, la relation avec l’enfant peut elle aussi évoluer.
L’objectif n’est pas de se forcer à devenir immédiatement disponible, joyeux et patient.
Il est d’abord de comprendre ce qui t’épuise autant et ce qui t’empêche aujourd’hui d’être le parent que tu voudrais être.
C’est également ce que je travaille dans mes accompagnements parentaux.
Lorsque certaines situations viennent déclencher énormément de stress, de colère, de culpabilité ou d’autres réactions émotionnelles chez le parent, la kinésiologie et la Transformation Profonde des Émotions (TPE) peuvent faire partie des outils utilisés pour travailler sur ce qui s’active.
Pour retrouver davantage de calme, de recul et de disponibilité émotionnelle.
Et pouvoir progressivement retrouver aussi cette sensation :
être vraiment là lorsque tu es avec ton enfant.