Négligence émotionnelle dans l’enfance : quelles conséquences à l’âge adulte ?
On parle souvent de la maltraitance que l’on voit.
Les coups. Les cris. Les humiliations. Les mots qui blessent ouvertement.
Mais certaines blessures de l’enfance sont beaucoup plus difficiles à identifier.
Parce qu’elles ne viennent pas forcément de ce qui s’est passé.
Elles peuvent aussi venir de ce qui a manqué.
Une écoute.
Du réconfort.
De l’attention.
La possibilité d’exprimer ses émotions.
Le sentiment d’être compris et soutenu lorsqu’on en avait besoin.
C’est ce que l’on appelle la négligence émotionnelle dans l’enfance.
Qu’est-ce que la négligence émotionnelle ?
Un enfant a des besoins physiques : être nourri, habillé, soigné et protégé.
Mais il a également des besoins émotionnels.
Il a besoin que les adultes qui l’entourent puissent progressivement l’aider à reconnaître ce qu’il ressent, l’apaiser lorsqu’il est submergé et lui montrer que ses émotions ont une place.
La négligence émotionnelle apparaît lorsque ces besoins sont régulièrement ignorés, minimisés ou insuffisamment pris en compte.
Et c’est précisément ce qui peut la rendre difficile à identifier.
On peut avoir eu un toit.
À manger tous les jours.
Des cadeaux à Noël.
Des parents présents physiquement.
Et avoir pourtant manqué de présence émotionnelle.
À quoi peut ressembler la négligence émotionnelle pendant l’enfance ?
Elle peut prendre des formes très différentes.
Un enfant pleure et entend régulièrement :
« Arrête de pleurer pour rien. »
Il a peur :
« Mais il n’y a aucune raison d’avoir peur ! »
Il est blessé par quelque chose :
« Tu es beaucoup trop sensible. »
Parfois, les émotions ne sont même pas rejetées.
Elles sont simplement absentes des échanges.
On ne demande pas vraiment comment l’enfant se sent.
On parle peu de ce qui se passe intérieurement.
On ne console pas beaucoup.
On ne sait pas quoi faire lorsqu’une émotion apparaît.
Des parents peuvent aimer leur enfant et ne pas savoir répondre à ses besoins émotionnels
La négligence émotionnelle n’implique pas nécessairement des parents malveillants.
Certains parents ont eux-mêmes grandi dans des familles où l’on ne parlait jamais des émotions.
D’autres sont profondément débordés, immatures émotionnellement ou confrontés à leurs propres difficultés.
Dépression, addiction, deuil, maladie, difficultés conjugales, précarité ou traumatisme peuvent également diminuer considérablement la disponibilité émotionnelle d’un parent.
Cela permet de comprendre le contexte.
Et parallèlement, l’enfant peut avoir réellement manqué de quelque chose dont il avait besoin.
Les deux réalités peuvent coexister.
Ce que l’enfant peut apprendre
Un enfant construit une partie de sa compréhension de lui-même et des relations à travers ce qu’il vit avec les adultes qui l’entourent.
Lorsque ses émotions trouvent rarement une réponse, il peut progressivement apprendre à les garder pour lui.
Par exemple :
« Je dois me débrouiller seul. »
« Mes besoins dérangent. »
« Je prends trop de place. »
« Ce que je ressens n’est pas important. »
« Je ne dois pas demander d’aide. »
Ces apprentissages ne sont pas nécessairement conscients.
Et tout le monde ne développe évidemment pas les mêmes conséquences.
Mais chez certaines personnes, ils peuvent continuer à influencer la manière de se comporter et d’entrer en relation à l’âge adulte.
Quelles conséquences la négligence émotionnelle peut-elle avoir à l’âge adulte ?
Certaines personnes ont du mal à identifier précisément ce qu’elles ressentent.
Elles savent qu’elles ne vont pas bien mais ne parviennent pas à dire pourquoi.
D’autres minimisent systématiquement leurs difficultés :
« Ce n’est pas si grave. »
« Il y a pire que moi. »
« Je devrais réussir à gérer toute seule. »
On peut également retrouver :
-
une difficulté à demander de l’aide ou à exprimer ses besoins ;
-
une tendance à s’effacer dans les relations ;
-
une estime de soi fragile ou une autocritique importante ;
-
une difficulté à poser des limites ;
-
un sentiment de vide ou de solitude difficile à expliquer.
Parfois, la personne donne énormément aux autres tout en ayant beaucoup de mal à recevoir.
« Pourtant, je n’ai pas eu une enfance malheureuse »
C’est précisément ce qui peut rendre cette prise de conscience difficile.
Il n’est pas nécessaire d’avoir vécu une enfance entièrement malheureuse pour avoir manqué de certaines choses.
Tu peux avoir de bons souvenirs de tes parents.
Avoir été aimé.
Avoir vécu de beaux moments.
Et reconnaître aujourd’hui que certains de tes besoins émotionnels n’ont pas suffisamment trouvé de réponse.
Reconnaître cela ne demande pas de condamner ses parents.
Cela permet surtout de comprendre sa propre histoire.
Quand ces blessures se retrouvent dans nos relations
Nos apprentissages relationnels peuvent nous accompagner longtemps.
Si tu as appris très tôt à ne pas déranger, tu peux aujourd’hui avoir énormément de mal à dire non.
Si tu as appris à gérer seule, demander de l’aide peut te sembler presque impossible.
Si tes émotions ont souvent été minimisées, tu peux aujourd’hui douter de ce que tu ressens.
Et si tu as appris que l’amour demandait de s’adapter en permanence aux autres, tu peux te retrouver dans des relations où tu donnes énormément et t’oublies progressivement.
Ce sont parfois ces schémas répétitifs qui finissent par amener une personne à se demander :
« Pourquoi est-ce que je fonctionne toujours comme ça ? »
Et quand on devient parent à son tour ?
La parentalité peut également venir réveiller certaines choses.
Les émotions de notre enfant peuvent nous confronter à celles que nous n’avons jamais appris à accueillir.
Ses pleurs peuvent nous mettre extrêmement mal à l’aise.
Sa colère peut déclencher la nôtre.
Son besoin de proximité peut parfois nous submerger.
Ou, au contraire, nous pouvons chercher à lui donner absolument tout ce dont nous avons nous-mêmes manqué.
Comprendre notre propre histoire peut alors permettre de prendre davantage de recul sur ce qui s’active dans notre parentalité.
Le passé peut être travaillé
Comprendre ce que l’on a vécu constitue parfois une première étape importante.
Mais comprendre intellectuellement pourquoi nous fonctionnons ainsi ne suffit pas toujours à modifier certaines réactions émotionnelles.
C’est notamment ce que je travaille dans mes accompagnements avec la kinésiologie et la Transformation Profonde des Émotions (TPE).
Nous pouvons travailler sur certaines expériences, blessures émotionnelles ou réactions qui continuent à avoir un impact aujourd’hui.
L’objectif n’est pas de changer le passé.
Il est de faire en sorte que ce qui a manqué ou ce qui a été vécu autrefois prenne progressivement moins de place dans la manière dont tu te sens, réagis et construis tes relations aujourd’hui.
Pour retrouver davantage de calme, de recul et de liberté dans ta vie actuelle.
Je t’accompagne au cabinet à Crépy-en-Valois, dans l’Oise, ainsi qu’en visio pour les adultes et adolescents avec la Transformation Profonde des Émotions.