Maltraitance physique dans l’enfance : quelles traces à l’âge adulte ?
Il y a des choses qu’on n’appelle pas toujours par leur nom.
Parce qu’on minimise.
Parce qu’on se dit que d’autres ont vécu pire.
Parce qu’on a grandi en entendant que « ce n’était rien », que « c’était pour notre bien » ou qu’on l’avait mérité.
Alors on avance.
Mais certaines expériences vécues dans l’enfance peuvent continuer à influencer nos réactions, nos relations et notre sentiment de sécurité longtemps après qu’elles sont terminées.
Ce que tu as peut-être vécu
Des coups.
Des gifles.
Des gestes brusques.
Des punitions physiques.
Un adulte qui utilisait la violence lorsqu’il était en colère.
La peur de savoir dans quel état serait ton parent en rentrant à la maison.
Peut-être as-tu appris très tôt à observer.
À écouter le bruit des pas.
À reconnaître un ton de voix.
À sentir l’ambiance avant même d’entrer dans une pièce.
À te faire discret.
À éviter certains sujets.
À anticiper pour essayer de ne pas déclencher la colère.
Pour l’enfant que tu étais, ces comportements pouvaient constituer des stratégies de protection.
Quand le danger est terminé mais que certaines réactions restent
Grandir dans un environnement marqué par la violence ou la peur peut avoir des conséquences durables.
Lorsqu’un enfant est régulièrement confronté à des situations menaçantes, son cerveau apprend à détecter rapidement les signes susceptibles d’annoncer un danger.
Cette vigilance a pu être utile dans l’environnement dans lequel il vivait.
Mais certaines de ces réactions peuvent persister à l’âge adulte, même lorsque le contexte a complètement changé.
Des traces dans le corps
Tu peux par exemple sursauter facilement.
Te tendre lorsqu’une personne fait un geste brusque près de toi.
Sentir ton cœur accélérer lorsqu’une voix monte.
Être particulièrement mal à l’aise dans certaines situations sans immédiatement comprendre pourquoi.
Une odeur, un bruit, une posture, une expression du visage ou une façon de parler peuvent parfois déclencher une réaction émotionnelle très rapide.
Le cerveau peut associer certains éléments du présent à des expériences de danger vécues auparavant.
Ton corps réagit alors parfois avant même que tu aies eu le temps d’analyser ce qui se passe.
Des traces dans les relations
La maltraitance physique vécue pendant l’enfance peut également influencer la manière dont on construit certaines relations.
Faire confiance peut être difficile.
Recevoir de la tendresse peut parfois provoquer un inconfort inattendu.
Un conflit peut sembler immédiatement menaçant.
Certaines personnes cherchent constamment à éviter toute confrontation.
D’autres peuvent avoir beaucoup de mal à poser leurs limites.
Et lorsqu’on a grandi avec certains comportements, on peut parfois avoir plus de difficulté à identifier rapidement qu’une situation relationnelle actuelle dépasse elle aussi nos limites.
Ce qui a été vécu pendant longtemps peut influencer notre perception de ce qui est acceptable.
Un rapport compliqué à la colère
La colère peut également devenir particulièrement difficile à vivre.
Celle des autres peut provoquer une peur immédiate.
Un changement de ton suffit parfois à mettre tout le corps en alerte.
Alors on cherche à calmer.
À éviter.
À céder.
À faire en sorte que l’autre ne se mette surtout pas en colère.
Pour d’autres personnes, c’est leur propre colère qui devient difficile à réguler.
Elles contiennent énormément.
Puis explosent.
Et ne comprennent pas toujours pourquoi leur réaction a été aussi forte.
« Peut-être que je le méritais »
C’est l’une des conséquences les plus douloureuses de certaines violences vécues pendant l’enfance.
L’enfant dépend de l’adulte.
Il peut donc être plus facile pour lui de penser :
« J’ai dû faire quelque chose de mal. »
« J’étais difficile. »
« Je n’aurais pas dû répondre. »
« Je l’avais cherché. »
Ces croyances peuvent parfois continuer à exister longtemps après.
Pourtant, un enfant n’est jamais responsable de la violence qu’un adulte exerce sur lui.
Il peut désobéir.
Crier.
Provoquer.
Faire des bêtises.
Être extrêmement difficile à accompagner.
L’adulte reste responsable de la manière dont il agit avec lui.
Pourquoi certaines réactions persistent-elles ?
Ce n’est pas simplement une question de volonté.
Les expériences traumatiques ou répétées peuvent influencer durablement la manière dont le cerveau évalue le danger et déclenche certaines réactions émotionnelles et physiologiques.
C’est notamment ce qui peut expliquer cette impression étrange :
« Je sais que je suis en sécurité, mais mon corps réagit comme si je ne l’étais pas. »
Ou :
« Je sais que cette personne ne va pas me frapper, mais dès qu’elle hausse la voix, je panique. »
Rationnellement, tu sais que le présent est différent.
Pourtant, certaines réactions apprises dans le passé peuvent encore s’activer.
Ce que tu as vécu fait partie de ton histoire, pas nécessairement de ton avenir
Travailler sur un traumatisme ne signifie pas effacer ce qui s’est passé.
L’événement a existé.
Ton histoire reste ton histoire.
Mais la charge émotionnelle et les réactions associées à certaines expériences peuvent évoluer.
Un bruit peut progressivement redevenir un bruit.
Un geste, un geste.
Un désaccord, un désaccord.
Sans que ton organisme déclenche systématiquement la même alarme.
Travailler sur les traumatismes et les mémoires émotionnelles
C’est notamment ce que je travaille avec la Transformation Profonde des Émotions (TPE).
Nous pouvons travailler sur certaines expériences difficiles ou traumatiques et sur les réactions émotionnelles qui continuent à se déclencher aujourd’hui.
L’objectif est de permettre au passé de prendre progressivement moins de place dans le présent.
Retrouver davantage de calme.
Se sentir plus en sécurité.
Prendre davantage de recul.
Être moins fortement impacté par certaines situations.
Et pouvoir construire la suite de son histoire sans que certaines expériences vécues autrefois continuent à décider de la manière dont on se sent et réagit aujourd’hui.
Je propose cet accompagnement au cabinet à Crépy-en-Valois, dans l’Oise, ainsi qu’en visio pour les adultes et adolescents avec la Transformation Profonde des Émotions.