Ton enfant bascule dans une crise.
Il crie. Pleure. Se jette par terre. Refuse tout.
Et toi, tu ne sais plus si tu dois intervenir, attendre, consoler, expliquer ou tenir bon.
Dans ces moments-là, une chose aide énormément : savoir ce que tu veux faire avant d’être toi-même emportée par la crise.
D’abord : que se passe-t-il pour ton enfant ?
Toutes les grosses réactions émotionnelles ne partent pas de la même situation.
Ton enfant voulait un jouet. Tu as dit non.
Il voulait rester au parc. Il faut partir.
Il voulait un deuxième dessin animé. Tu éteins la télévision.
Il est frustré et explose.
Dans ces situations, ton rôle est principalement de tenir le cadre et de l’accompagner pendant que la frustration redescend.
Mais ton enfant peut aussi être bouleversé parce que son ballon vient d’éclater, qu’un copain lui a fait du mal, qu’il s’est blessé ou qu’il vient de vivre quelque chose de difficile.
Ces grossrs émotions appellent alors davantage de réconfort et d’accompagnement quand il est encore en capacité de t'écouter.
Dans les deux cas, son émotion est réelle.
Ce qui change, c’est la réponse dont il a besoin.
Et avant toute chose, vérifie également les besoins élémentaires.
A-t-il faim ?
Est-il épuisé ?
A-t-il besoin de dormir ?
Un jeune enfant fatigué ou affamé dispose de beaucoup moins de ressources pour supporter une frustration.
Pendant une crise de frustration :
Ton enfant hurle parce que tu as dit non au paquet de bonbons.
Le paquet reste dans le rayon.
Tu n’as pas besoin de le convaincre que ta décision est raisonnable.
Tu n’as pas besoin non plus de répéter quinze fois :
« Je t’ai expliqué pourquoi ! »
La décision est prise.
La frustration lui appartient maintenant et tu peux le laisser la traverser sans chercher à la faire disparaître.
C’est une distinction essentielle.
Accompagner une émotion ne signifie pas supprimer ce qui l’a provoquée.
Pendant la crise : moins tu en fais, mieux c’est
Lorsque ton enfant est complètement débordé, les grandes explications sont inutiles. Il ne t’entend pas.
Reste présente.
Calme
Stable.
Disponible.
Aucune parole
Être simplement là.
Sans téléphone.
Sans négociation.
Sans chercher à obtenir immédiatement qu’il se calme.
Tu lui montres ainsi quelque chose d’important :
« Tu peux traverser une émotion très forte et je reste là. Le cadre tient et notre relation aussi. »
Et s’il frappe, casse ou se met en danger ?
Là, tu interviens.
Une émotion peut être accueillie et Tous les comportements ne sont pas acceptables.
Tu peux retirer un objet.
Éloigner ton enfant d’un danger.
Bloquer un geste si c’est nécessaire pour assurer sa sécurité ou celle d’une autre personne, en utilisant le minimum de contrainte nécessaire.
Et dire simplement :
« Je ne te laisse pas taper. »
Pas de long discours.
Tu sécurises.
La colère peut continuer.
La violence, elle, est arrêtée.
Quand le calme revient
Une fois la crise terminée, reconnecte tout de suite avec ton enfant calmement.
Pas besoin de transformer systématiquement ce moment en leçon éducative : la crise est finie, on n’en parle plus, on passe à autre chose ou bien on continue ce qu’on était en train de faire.
Avec un jeune enfant, particulièrement après une simple crise de frustration, il peut être beaucoup plus utile de reprendre tranquillement la vie normale.
Une activité.
Le repas.
Le jeu qui était prévu.
Le message est simple :
« La crise est terminée. Notre relation, elle, est toujours là. »
Dans certaines situations, il peut être utile d’en reparler plus tard, notamment lorsqu’un comportement nécessite une réparation ou lorsqu’un enfant est suffisamment grand pour réfléchir à ce qui s’est passé.
Mais inutile de lui faire revivre chaque crise pour lui expliquer longuement pourquoi il n’aurait pas dû la faire.
Et toi, pendant ce temps-là ?
C’est souvent là que se trouve la partie la plus difficile.
Parce que pendant que ton enfant déborde, quelque chose se passe aussi en toi.
Ses cris t’agressent.
Son refus t’exaspère.
Tu te sens impuissante.
Tu as l’impression qu’il te défie.
Dans le magasin, tu sens le regard des autres.
Et parfois, tu voudrais simplement que la crise s’arrête immédiatement.
C’est alors que tu peux être tentée de crier.
De menacer.
Ou de céder uniquement pour retrouver le calme.
Quand les crises de ton enfant activent tes propres émotions
Certaines réactions peuvent être encore plus difficiles à supporter selon notre propre histoire.
Si tu as grandi dans un environnement où les émotions fortes étaient peu accueillies, la colère de ton enfant peut te mettre très mal à l’aise.
Si l’obéissance était particulièrement importante dans ton enfance, son opposition peut immédiatement être vécue comme un manque de respect.
Si tu as peur du regard des autres, une crise en public peut devenir beaucoup plus difficile à traverser qu’une crise identique à la maison.
C’est pourquoi connaître les bons outils parentaux ne suffit pas toujours.
Tu peux savoir exactement ce qu’il faudrait faire et ne plus réussir à le faire lorsque tes propres émotions prennent le dessus.
Une crise au supermarché ?
Le principe reste le même.
Tu maintiens ta décision et tu accompagnes.
Si rester au milieu du magasin devient trop difficile ou si la situation n’est plus sécurisée, tu peux aller dans un endroit plus calme.
Pas pour punir ton enfant.
Pour retrouver des conditions qui permettent à chacun de traverser la situation.
Et surtout, le regard des autres ne décide pas de ta réponse éducative.
Et lorsqu’il faut partir ?
Tu avais annoncé le départ.
Ton enfant refuse.
Il hurle et s’accroche.
Tu peux reconnaître :
« Tu voulais vraiment rester. Je comprends. Maintenant, nous partons. »
Puis tu pars.
Tu ne négocies pas vingt minutes pour éviter sa colère.
Selon son âge et la situation, tu l’accompagnes physiquement si nécessaire, de la manière la plus calme et sécurisante possible.
Sa crise ne te retire pas la responsabilité de décider quand c’est à toi de décider.
Ce que ton enfant apprend progressivement
À force d’être accompagné dans ses frustrations, ton enfant développe progressivement des capacités qu’il ne possède pas encore complètement :
Attendre.
Supporter un non.
Traverser une déception.
Retrouver son calme.
Exprimer autrement ce qu’il ressent.
Et surtout comprendre une chose essentielle :
une émotion peut être très forte sans que le cadre disparaisse et sans que la relation soit menacée.
C’est ainsi que se construit progressivement la régulation émotionnelle de l’enfant.
Quand tu sais tout ça mais que tu n’arrives pas à l’appliquer
Tu peux connaître toutes les étapes.
Et pourtant exploser lorsque ton enfant explose.
C’est précisément ce que je travaille dans mes accompagnements parentaux.
Nous regardons ce qui s’active émotionnellement chez toi pendant les crises : colère, impuissance, culpabilité, peur du regard des autres, difficulté à tenir un non ou expériences de ton propre passé.
Je peux également t’apporter des repères et outils parentaux concrets adaptés aux situations que tu rencontres.
L’objectif : que tu puisses progressivement retrouver davantage de calme et de recul, tenir ton cadre et rester davantage le parent que tu souhaites être lorsque ton enfant traverse une tempête émotionnelle.
Je t’accompagne au cabinet à Crépy-en-Valois ou en visio.