Communication émotionnelle : aider son enfant à mettre des mots sur ses émotions
Un enfant ressent énormément de choses avant même de savoir les expliquer.
Il peut être en colère sans réussir à dire ce qui l’a blessé, pleurer sans comprendre ce qui se passe en lui, ou réagir très fortement parce qu’il lui manque encore les mots pour exprimer son besoin, sa peur, sa frustration ou sa déception.
C’est là que la communication émotionnelle entre parent et enfant prend toute son importance.
En parlant avec votre enfant, en l’écoutant et en mettant progressivement des mots sur ce qu’il vit, vous l’aidez à développer à la fois son vocabulaire émotionnel et sa capacité à mieux comprendre ses émotions.
Pourquoi aider un enfant à mettre des mots sur ses émotions ?
Pour pouvoir exprimer une émotion, encore faut-il pouvoir l’identifier.
Un jeune enfant peut ressentir une tension très forte dans son corps sans savoir s’il est en colère, inquiet, triste, frustré, jaloux ou simplement très fatigué.
Le parent peut alors l’aider à faire progressivement le lien entre ce qu’il ressent dans son corps, l’émotion vécue et ce qui vient de se passer.
Vous pouvez par exemple lui dire :
« Tu avais très envie de continuer à jouer et je t’ai demandé d’arrêter. Tu es déçu et en colère. »
Ou :
« J’ai l’impression que ça t’inquiète de ne pas savoir comment ça va se passer demain. »
Ces mots donnent peu à peu à l’enfant des repères pour comprendre son monde intérieur.
Nommer les émotions au quotidien
La communication émotionnelle se construit surtout dans les petits moments de la vie.
Vous pouvez nommer naturellement ce que vous observez :
« Tu souris depuis tout à l’heure, tu as l’air vraiment content. »
« Tu serres très fort les poings. Je vois que quelque chose t’énerve. »
« Tu voulais vraiment ce jouet. Tu es déçu que je te dise non. »
Vous pouvez également parler de vos propres émotions :
« Je suis contrarié parce que nous sommes en retard. Je vais respirer et réfléchir à ce que nous pouvons faire. »
L’enfant découvre ainsi que les émotions peuvent être ressenties, nommées et exprimées.
Écouter avant de chercher une solution
Lorsque son enfant raconte une difficulté, le réflexe du parent est souvent de vouloir immédiatement rassurer, expliquer ou trouver une solution.
Pourtant, l’enfant a parfois d’abord besoin de sentir que ce qu’il vit a été entendu.
Une phrase simple comme :
« Je comprends que tu sois triste. »
ou :
« Tu avais vraiment peur à ce moment-là. »
peut lui permettre de se sentir compris et l’aider à poursuivre ce qu’il voulait raconter.
Vous pourrez ensuite chercher ensemble ce dont il a besoin.
Développer son vocabulaire émotionnel
Enrichir le vocabulaire reste important, particulièrement lorsqu’il permet à l’enfant d’affiner ce qu’il ressent.
Au début, il connaît souvent quelques grandes émotions : joie, colère, tristesse et peur.
Puis son vocabulaire peut progressivement s’enrichir :
frustré, inquiet, déçu, jaloux, fier, gêné, impatient, soulagé, découragé, enthousiaste…
Plus l’enfant dispose de mots précis, plus il peut apprendre à différencier ses ressentis et à les communiquer.
Les livres, les histoires et les situations quotidiennes constituent d’excellents supports.
Vous pouvez demander :
« Comment crois-tu que ce personnage se sent ? »
« Qu’est-ce qui te fait penser qu’il est inquiet ? »
« Est-ce que ça t’est déjà arrivé de ressentir quelque chose comme ça ? »
Toutes les conversations enrichissent aussi le langage
La communication quotidienne participe naturellement au développement du langage et du vocabulaire de l’enfant.
Faire les courses, cuisiner, se promener, raconter sa journée ou lire une histoire permet de découvrir de nouveaux mots et d’apprendre à construire sa pensée.
Plutôt que de transformer ces moments en exercices, profitez simplement de ce que vous vivez ensemble.
Pendant le repas :
« Quel a été ton meilleur moment aujourd’hui ? »
Pendant une promenade :
« Qu’est-ce que tu as préféré ? »
Après une situation difficile :
« Qu’est-ce qui t’a le plus énervé ? »
L’enfant apprend alors à raconter, décrire, expliquer et exprimer ce qu’il pense et ce qu’il ressent.
Quand l’enfant ne veut pas parler
Certains enfants parlent facilement de leurs émotions. D’autres ont besoin de davantage de temps.
Le dessin, le jeu, les histoires, les figurines ou les cartes d’émotions peuvent alors devenir d’autres moyens d’expression.
L’essentiel est de créer régulièrement un espace dans lequel l’enfant comprend qu’il peut venir parler de ce qu’il vit.
Communiquer pour mieux se comprendre
Apprendre à parler avec son enfant ne consiste donc pas uniquement à enrichir son vocabulaire.
La communication lui permet progressivement de comprendre ce qu’il ressent, mettre des mots sur ses émotions, exprimer ses besoins et mieux comprendre les autres.
Et lorsque le parent écoute, accueille et accompagne ces émotions, ces échanges contribuent également à construire une relation dans laquelle l’enfant peut se sentir entendu et en sécurité.
C’est au fil de toutes ces petites conversations quotidiennes que se développent à la fois le langage, l’intelligence émotionnelle et la relation parent-enfant.
