Peurs et phobies : pourquoi notre cerveau déclenche-t-il une peur incontrôlable ?

Rédigé le 01/08/2024
Céline Amiard


Peurs et phobies : pourquoi notre cerveau déclenche-t-il une peur incontrôlable ?

Vous savez qu’il n’y a probablement aucun danger.

Vous savez que cette araignée ne va pas vous attaquer, que cet ascenseur fonctionne parfaitement ou que prendre l’avion reste statistiquement très sûr.

Et pourtant, votre corps réagit.

Le cœur s’accélère. La respiration change. Vous transpirez. Vous avez envie de fuir. Parfois, une véritable crise d’angoisse apparaît.

C’est précisément ce qui rend certaines peurs et phobies si difficiles à comprendre :

rationnellement, vous savez. Émotionnellement, votre cerveau réagit autrement.

Quelle différence entre une peur et une phobie ?

La peur est une émotion normale et indispensable.

Elle permet à notre organisme de détecter une menace et de mobiliser rapidement les ressources nécessaires pour nous protéger.

Face à un véritable danger, cette réaction est parfaitement adaptée.

La phobie correspond à une peur intense et persistante déclenchée par un objet ou une situation spécifique : animaux, sang, avion, hauteur, espaces clos, conduite…

La réaction peut être tellement forte que la personne commence à organiser sa vie pour éviter ce qui lui fait peur.

C’est alors que la phobie peut devenir particulièrement handicapante au quotidien.

Comment une peur peut-elle se créer ?

Il n’existe pas une seule origine aux peurs et aux phobies.

Plusieurs mécanismes peuvent intervenir.

Une expérience difficile ou traumatique

Une personne mordue par un chien peut développer ensuite une peur importante des chiens.

Quelqu’un ayant vécu une forte turbulence en avion peut commencer à ressentir de l’angoisse avant chaque vol.

Le cerveau apprend alors à associer certains éléments de la situation au danger.

Par la suite, rencontrer à nouveau ces éléments peut suffire à réactiver la peur, même lorsque le danger initial a disparu.

L’apprentissage par observation

Nous pouvons également apprendre certaines réactions en observant les autres.

Un enfant qui voit régulièrement son parent paniquer face à une araignée peut progressivement intégrer lui aussi que les araignées représentent une menace.

Cela ne signifie évidemment pas que toutes les peurs des enfants viennent de leurs parents.

Cela montre simplement que l’observation participe elle aussi à nos apprentissages émotionnels.

Notre propre sensibilité à certaines menaces

Les facteurs biologiques, l’histoire personnelle, le tempérament et l’environnement peuvent également influencer notre vulnérabilité à l’anxiété et à certaines peurs.

Une phobie résulte donc souvent de plusieurs facteurs plutôt que d’une cause unique.

Que se passe-t-il dans le cerveau lorsqu’on a peur ?

Plusieurs régions cérébrales participent à la détection et à l’évaluation d’une menace.

L’amygdale joue notamment un rôle important dans l’apprentissage et la réponse à la peur.

Lorsqu’une menace est perçue, le cerveau peut rapidement activer les systèmes de défense de l’organisme.

Le rythme cardiaque augmente.

La respiration s’accélère.

Les muscles se préparent à agir.

L’attention se focalise sur le danger.

Votre corps se prépare à combattre, fuir ou parfois se figer.

Pourquoi la peur persiste-t-elle alors qu’on sait qu’elle est irrationnelle ?

C’est souvent la question que se posent les personnes souffrant d’une phobie :

« Je sais que c’est ridicule. Alors pourquoi est-ce que je n’arrive pas à contrôler ma réaction ? »

Parce que comprendre rationnellement qu’une situation est sûre ne suffit pas toujours à modifier une réaction de peur apprise.

Votre cerveau peut avoir associé :

chien = danger

ascenseur = danger

avion = danger

aiguille = danger

Et lorsqu’il rencontre à nouveau ce stimulus, le système d’alarme peut s’activer très rapidement.

Le cortex préfrontal, impliqué notamment dans l’analyse et la régulation, peut évaluer la situation différemment.

Vous pouvez donc penser :

« Je sais que je ne risque rien. »

tout en ressentant simultanément :

« Il faut que je parte immédiatement. »

C’est ce décalage entre ce que l’on sait et ce que l’on ressent qui peut donner cette impression de perdre totalement le contrôle.

L’évitement peut entretenir la phobie

Lorsque quelque chose nous fait peur, notre premier réflexe est naturellement de l’éviter.

Et à court terme, cela fonctionne : dès que l’on s’éloigne de la situation, l’angoisse diminue.

Le cerveau peut alors apprendre :

« J’ai évité → je suis en sécurité. »

Cela peut renforcer progressivement l’idée que la situation était réellement dangereuse.

La personne évite alors de plus en plus.

Elle ne prend plus l’ascenseur.

Elle refuse certains voyages.

Elle change de trottoir lorsqu’elle voit un chien.

Elle ne va plus dans certains endroits.

Et la peur finit parfois par prendre une place considérable dans sa vie.

Comment travailler sur une peur ou une phobie ?

Les approches basées sur les thérapies cognitives et comportementales (TCC) et notamment l’exposition progressive disposent de données solides dans la prise en charge des phobies.

L’exposition consiste à rencontrer progressivement et dans un cadre adapté ce qui déclenche la peur afin de permettre de nouveaux apprentissages.

D’autres approches peuvent également travailler sur les éléments émotionnels associés à l’origine ou au maintien de la peur.

C’est notamment l’axe que j’utilise dans mes accompagnements avec la Transformation Profonde des Émotions (TPE).

Travailler sur ce qui continue à déclencher la peur

Lorsqu’une peur est associée à une expérience passée, il peut être intéressant de travailler sur la charge émotionnelle qui reste attachée à cette expérience.

L’objectif est que le souvenir ou le déclencheur puisse progressivement être rencontré sans provoquer la même réaction émotionnelle automatique.

J’utilise notamment la TPE pour travailler sur les peurs persistantes, certaines expériences difficiles ou traumatiques et les réactions émotionnelles qui continuent à se déclencher dans le présent.

Selon la situation, j’utilise également la kinésiologie au cabinet pour rechercher les différents stress associés à la difficulté.

Quand la peur prend moins de place

L’objectif n’est pas de supprimer la capacité à avoir peur.

La peur reste une émotion utile lorsqu’un véritable danger est présent.

Le travail consiste plutôt à permettre au système d’alarme de réagir de manière plus adaptée à la situation actuelle.

Pouvoir reprendre l’avion.

Entrer dans un ascenseur.

Voir un chien sans changer de trottoir.

Faire une prise de sang.

Ou simplement penser à la situation sans sentir immédiatement l’angoisse monter.

C’est souvent dans ces changements très concrets que l’on mesure le chemin parcouru.

Je vous accompagne pour les peurs, phobies, anxiété et réactions émotionnelles persistantes à mon cabinet de Crépy-en-Valois, dans l’Oise, ainsi qu’en visio pour les adultes et adolescents avec la Transformation Profonde des Émotions.