Peur qu’il arrive quelque chose à son enfant : d’où vient cette angoisse ?
Ton enfant va bien.
Et pourtant, quelque chose en toi reste tendu, sur le qui-vive.
Il joue dehors et tu ne l’entends plus pendant une minute. Ton cœur s’emballe. Tu vas vérifier.
Il est là. Il regarde une fourmi.
Tout va bien.
Mais ton corps, lui, met encore quelques instants à redescendre.
Tu t’es peut-être déjà dit que tu t’inquiétais trop. Que c’était irrationnel. Que tu devrais réussir à relativiser.
Pourtant, cette peur qu’il arrive quelque chose à ton enfant peut avoir une histoire. Et parfois, cette histoire a commencé bien avant que tu deviennes parent.
Pourquoi ai-je toujours peur qu’il arrive quelque chose à mon enfant ?
Avoir peur pour son enfant est naturel.
Lorsqu’on devient parent, on devient responsable d’un être que l’on aime profondément et que l’on veut protéger.
Mais chez certaines personnes, cette inquiétude prend beaucoup plus de place.
Tu imagines facilement le pire.
Un appel inhabituel et ton cerveau part immédiatement vers un accident.
Ton adolescent ne répond pas à ton message et l’angoisse monte.
Ton enfant part en sortie scolaire et tu imagines tout ce qui pourrait arriver.
Tu vérifies. Tu anticipes. Tu contrôles.
Et même lorsque tu sais rationnellement qu’il va probablement très bien, ton système d’alarme semble incapable de se mettre complètement au repos.
Quand notre histoire nous a appris à rester en alerte
Grandir dans un environnement imprévisible ou traverser certaines expériences difficiles peut influencer notre manière de réagir au danger par la suite.
Une ambiance familiale tendue.
Un parent imprévisible ou peu disponible.
Un accident.
Une maladie.
Un deuil.
Une séparation brutale.
Une situation traumatique.
Une période pendant laquelle on ne s’est pas senti suffisamment protégé.
Face à certaines expériences, le cerveau apprend à être particulièrement attentif aux signes pouvant annoncer un danger.
À l’époque, cette vigilance a pu avoir une fonction protectrice.
Des années plus tard, elle peut continuer à s’activer très rapidement, y compris dans des situations qui ne présentent pas le même niveau de danger.
Ce qui se passe lorsque la peur monte
La réaction peut commencer avant même que tu aies eu le temps de réfléchir.
Le cœur accélère.
Le ventre se serre.
La respiration change.
Les muscles se tendent.
Ton attention se focalise immédiatement sur ce qui pourrait arriver.
Le système de défense de l’organisme s’est activé.
Imagine une alarme incendie devenue extrêmement sensible.
Elle remplit toujours sa fonction : détecter un éventuel danger.
Mais elle peut désormais se déclencher pour une simple tartine qui grille.
Le problème n’est donc pas l’existence de l’alarme. C’est son niveau de sensibilité.
Pourquoi cette peur peut-elle devenir plus forte lorsqu’on devient parent ?
Devenir parent peut réactiver certaines vulnérabilités.
Parce qu’aimer profondément quelqu’un signifie également prendre conscience que l’on pourrait le perdre.
Mais notre propre histoire peut aussi entrer en jeu.
Si tu as vécu une perte, un accident, une maladie grave ou une situation traumatique, la possibilité que quelque chose arrive à ton enfant peut avoir une résonance particulière.
Si tu as grandi avec un sentiment d’insécurité, tu peux également chercher à offrir à ton enfant toute la sécurité qui t’a manqué.
Une pensée peut alors revenir :
« Je ne veux surtout pas qu’il vive ce que j’ai vécu. »
Et sans t’en rendre compte, protéger peut progressivement devenir surveiller, anticiper et essayer de tout contrôler.
L’hypervigilance parentale peut devenir épuisante
Tu vérifies plusieurs fois.
Tu imagines tous les scénarios possibles.
Tu as du mal à laisser ton enfant prendre certaines libertés.
Tu ressens une forte angoisse lorsqu’il ne répond pas immédiatement.
Tu as besoin d’être rassurée.
Et une fois rassurée… une autre inquiétude finit par arriver.
Cette hypervigilance peut devenir extrêmement fatigante.
Elle peut également compliquer progressivement l’autonomie de l’enfant ou de l’adolescent lorsque notre propre peur nous pousse à limiter certaines expériences principalement pour nous rassurer.
Pourquoi se raisonner ne suffit-il pas toujours ?
Tu peux parfaitement savoir que ton enfant est probablement en sécurité et continuer à ressentir de l’angoisse.
C’est le même décalage que l’on retrouve dans de nombreuses peurs :
« Je sais que tout va bien… mais je ne le ressens pas. »
La réaction de peur implique des mécanismes automatiques qui ne disparaissent pas simplement parce que l’on se répète :
« Arrête de t’inquiéter. »
C’est aussi pour cela que certaines personnes comprennent parfaitement l’origine de leur anxiété et continuent malgré tout à la ressentir.
Travailler sur ce qui entretient cette peur
Lorsque cette peur est très présente, il peut être intéressant de rechercher ce qui continue à alimenter cette réaction aujourd’hui.
Une expérience traumatique ?
Un deuil ?
Une peur de la perte ?
Une ancienne insécurité ?
Une expérience vécue pendant l’enfance ?
Une blessure émotionnelle autour de l’abandon ou de la sécurité ?
Dans mes accompagnements, c’est ce que je cherche à travailler avec la kinésiologie et la Transformation Profonde des Émotions (TPE).
L’objectif est que certaines situations du présent puissent progressivement être vécues avec davantage de calme et de recul, sans déclencher systématiquement la même intensité émotionnelle.
Ton enfant joue dans le jardin.
Il ne répond pas immédiatement.
Et ton cerveau n’a plus besoin d’écrire toute la catastrophe avant même de savoir ce qui se passe.
Ton enfant peut grandir, explorer, prendre progressivement son autonomie. Et toi, tu peux respirer davantage à côté de lui.
Je t’accompagne au cabinet à Crépy-en-Valois, dans l’Oise, ainsi qu’en visio pour les adultes dans le cadre du travail de libération émotionnelle.
