Burn-out parental : « Je ne reconnais plus le parent que je suis devenu »

Rédigé le 31/05/2026
Céline Amiard


Burn-out parental : « Je ne reconnais plus le parent que je suis devenu »

Il y a peut-être une photo de toi quelque part.

Sur ton téléphone. Dans un album. Ou simplement dans ta tête.

Une version de toi d’avant.

Plus légère. Plus patiente. Plus disponible.

Une maman qui rigolait davantage, qui avait de l’énergie pour inventer des jeux, qui arrivait à prendre les petites galères du quotidien avec un peu plus de recul.

Et aujourd’hui, parfois, tu ne te reconnais plus.

« Je ne comprends pas ce que je suis devenue »

Tu cries pour un verre de lait renversé.

Tu t’emportes parce qu’une chaussure est introuvable alors qu’il faut partir.

Une énième demande te met immédiatement hors de toi.

Tu réponds sèchement.

Tu utilises parfois un ton que tu n’aurais jamais imaginé employer avec ton enfant.

Puis le calme revient.

Et avec lui, la culpabilité.

« Pourquoi j’ai réagi comme ça ? »

« Je ne voulais pas être cette mère-là. »

« Qu’est-ce qui m’arrive ? »

Le décalage entre le parent que tu voudrais être et celui que tu arrives actuellement à être peut devenir extrêmement douloureux.

Le burn-out parental peut donner l’impression d’avoir changé

Le burn-out parental ne se manifeste pas uniquement par de la fatigue.

L’une des dimensions décrites dans les recherches sur l’épuisement parental est justement ce contraste avec le parent que l’on était auparavant.

Tu peux avoir l’impression d’avoir perdu une partie de toi.

Avant, tu étais plus patiente.

Avant, certaines situations glissaient davantage.

Avant, tu avais envie de partager des activités avec tes enfants.

Avant, tu supportais mieux le bruit, les demandes, les imprévus.

Et aujourd’hui, tu te demandes parfois où est passée cette personne.

Quand l’épuisement diminue notre capacité à gérer nos émotions

Lorsque nous sommes épuisés, nous disposons de moins de ressources pour faire face aux sollicitations du quotidien.

La fatigue et le stress peuvent diminuer notre capacité à prendre du recul et à réguler nos réactions émotionnelles.

Une situation relativement banale peut alors devenir la goutte d’eau qui fait déborder un vase déjà plein.

Le problème n’est pas réellement le verre de lait renversé.

Il arrive après la mauvaise nuit.

La matinée à courir.

La charge mentale.

Le travail.

Les conflits.

Les inquiétudes.

Les vingt demandes précédentes.

Et soudain, tu exploses.

Puis vient la culpabilité

Après avoir crié, tu t’en veux.

Alors tu te promets :

« Demain, je serai plus patiente. »

Tu fais des efforts.

Tu contrôles davantage tes réactions.

Puis une nouvelle journée difficile arrive et tu recommences.

Et chaque fois, la culpabilité grandit.

Tu n’es plus seulement épuisée par ton quotidien.

Tu es également épuisée de ne plus réussir à être le parent que tu voudrais être.

Ce cercle peut devenir particulièrement lourd :

épuisement → réactions plus fortes → culpabilité → efforts supplémentaires → encore plus d’épuisement.

Retrouver sa posture de parent ne consiste pas à devenir parfait

L’objectif n’est pas de ne plus jamais crier.

Tous les parents perdent parfois patience.

La question est plutôt de regarder la fréquence et l’intensité de ces réactions, et surtout la manière dont tu te sens aujourd’hui dans ton rôle de parent.

As-tu l’impression d’être constamment à bout ?

Réagis-tu régulièrement beaucoup plus fortement que tu ne le voudrais ?

Te sens-tu très différente du parent que tu étais auparavant ?

As-tu l’impression de fonctionner uniquement parce qu’il faut continuer ?

Si oui, ton état mérite d’être pris au sérieux.

Faire le point sur un possible burn-out parental

Ce contraste avec le parent que l’on était auparavant fait partie des éléments étudiés dans le burn-out parental.

Un questionnaire développé par des chercheurs spécialisés dans ce domaine peut permettre de faire un premier point sur ton niveau d’épuisement parental.

Il ne constitue pas un diagnostic et ne remplace pas l’évaluation d’un professionnel de santé.

Mais il peut permettre de mettre des mots sur quelque chose que tu ressens peut-être depuis longtemps.

Comprendre aussi ce qui s’active dans certaines situations

L’épuisement peut expliquer une partie des réactions.

Mais parfois, certaines situations avec notre enfant viennent également toucher quelque chose de particulièrement sensible chez nous.

Son opposition nous met immédiatement hors de nous.

Ses cris sont insupportables.

Son rejet nous blesse profondément.

Sa colère déclenche la nôtre.

Nous avons énormément de mal à poser une limite lorsqu’il pleure.

Dans ces situations, il peut être intéressant de regarder ce qui s’active émotionnellement chez le parent, au-delà du comportement de l’enfant.

C’est notamment ce que je travaille dans mes accompagnements parentaux, avec la kinésiologie et la Transformation Profonde des Émotions (TPE) lorsque cela est pertinent.

Retrouver davantage de calme et de recul

L’objectif n’est pas de retrouver exactement la personne que tu étais avant.

Ta vie a changé. Tes enfants grandissent. Toi aussi.

L’objectif est de retrouver suffisamment de ressources et d’apaisement pour pouvoir à nouveau prendre du recul, réagir moins fortement et rester davantage le parent que tu souhaites être.

Pouvoir vivre un verre de lait renversé comme un verre de lait renversé.

Une chaussure perdue comme une chaussure perdue.

Une colère de ton enfant comme une émotion qu’il traverse.

Sans que chaque petite difficulté vienne faire déborder tout ce que tu portes déjà.

Et peut-être pouvoir te regarder à nouveau en te disant :

« Là, je me reconnais davantage. »